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Assises 2018 - Conférence Science, santé, complexité : A qui profite le doute ?

Publié par Nathalie Picard le 17/03/2018

Dans le cadre des Assises du journalisme, vendredi 16 mars 2018, s'est tenue une conférence sur le thème "Science, santé, complexité : à qui profite le doute ?"

Pesticides, amiante, réchauffement climatique... Comment ces enjeux complexes se retrouvent-ils au coeur de l'actualité ? Pour Emmanuel Henry, professeur de sociologie à l'université Paris-Dauphine, un problème devient d'intérêt public lorsque des mobilisations, des associations se créent autour.
Selon Giovanni Prete, sociologue à l'université Paris 13, un problème connu n'est pas forcément médiatisé. Parmi les causes identifiées, l'éloignement social des journalistes vis-à-vis des personnes concernées (par exemple, les ouvriers agricoles) ou la précarisation des journalistes. Ceux qui se saisissent de tels sujets doivent réussir à démêler le vrai du faux, car les connaissances et les experts scientifiques peuvent être influencés par des groupes d'intérêt.
"Comment fonctionne la manipulation de la science ?", s'interroge Stéphane Horel, journaliste indépendante qui travaille sur le lobby contre la réglementation des perturbateurs endocriniens et sur les stratégies de Monsanto. "Il y a 3 phases : D'abord la manufacture du doute. Les industriels utilisent la zone d'incertitude inhérente au processus scientifique pour produire du doute. Ensuite, le lobbying : les rendez-vous avec les fonctionnaires, les élus... Enfin, la propagande via Internet, les réseaux sociaux, les tribunes dans la presse..."
Tout ceci complique sérieusement le travail des journalistes, qui doivent réussir à déjouer ces pièges. Quelques conseils d'Yves Sciama, journaliste indépendant : regarder les déclarations publiques d'intérêt des agences, s'informer sur les sources de financement des travaux scientifiques, utiliser le travail des ONG tout en gardant une distance... "Le métier de journaliste s'exerce souvent en solitaire, alors que travailler en réseau permet d'éléver ses compétences", estime Yves Sciama, également président de l'Association des journalistes scientifiques de la presse d'information.


Crédit Photos : NP Imprimer