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Quand un rédacteur en chef devient « L’astrologue » de son journal

Publié par Club de la Presse Centre - Val de Loire le 13/10/2015

Denis Rousseau, chef du bureau AFP de la région, vient de publier un roman, une farce qui aurait pu s’inspirer de faits réels.


Il était le rédacteur en chef  d’un « honnête hebdo féminin », il avait ses habitudes au « Petit Panier » le rade situé à côté de la rédaction et il calmait ses angoisses dans le lit de Nadine, sa voisine, une fille qui avait « bien apprécié l’armoire à glace héritée de ses grands-parents et plantée au pied de son lit ». Et puis un jour, il y a eu cette foutue attaque vasculaire cérébrale et les trois mois de coma. 10 mois d’arrêt de travail !

Quand il a repris le chemin du boulot, tout avait changé. Le journal n’était plus celui qu’il avait connu. Anita, la nouvelle patronne qui, pour sourire, « montrait ses dents avec un soupçon de gencives roses » avait viré tous les anciens journalistes pour les remplacer par « une armée de jeunes pigistes sous-payés » ce qui permettait, avait-t-elle dit dans un charabia qui se voulait snob et branché de repenser«  la formule » de Femme Magazine (FM) « pour en faire un glossy mag, un hebdo sur papier glacé qu’allaient s’arracher les fast fashion et les people addicts. »
 
Quant à lui, le vieux rédac’chef, -et c’est Anita qui lui a annoncé - « il a toujours sa place dans l’hebdo mais, a-t-elle ajouté, pour qu’il retrouve une activité professionnelle compatible avec son état de santé » il est désormais chargé « de la double page d’horoscope. » Dès lors, la logique s’efface au profit –et c’est tant mieux pour le lecteur- d’une suite d’inattendus sociologiques tandis que le récit devient une farce que ne renierait pas Maître Pathelin. C’est en cela que « l’Astrologue » de Denis Rousseau est un délicieux divertissement.
 
Eric Yung